| Dès les années 1950 des psychologues et psychiatres renommés tels René Arped Spitz, J. Robertson, Myriam David ont mis en évidence l'existence de conséquences psychologiques importantes chez l'enfant après une hospitalisation. Ces travaux ont fait réagir plusieurs de nos voisins européens, qui ont alors mis en place un cadre législatif définissant les conditions dans lesquelles doit se réaliser l'hospitalisation des enfants afin de rendre cette expérience la moins traumatisante possible : présence des parents et de la famille, prise en charge de leur séjour, information des parents et de l'enfant sur le diagnostic, le traitement, les soins, etc… Pourtant en France à la fin des années 70, les parents sont tout juste tolérés à l'hôpital : dans un système hospitalier très hiérarchisé où s'exerce la toute puissance du médecin, la personne de l'enfant, sa douleur, ses attentes, ses peurs sont, souvent, tout simplement ignorées. ![]() | C'est dans ce contexte que l'association APACHE a été créée en 1982 par des professionnels de la santé et de l'enfance - médecins, psychologues, soignants mais aussi professeurs et parents - ayant une connaissance approfondie du milieu hospitalier et une vision intérieure de l'hôpital, de ses problématiques et de ses limites. Complétant l'action des associations déjà en place et dont la vocation était davantage tournée vers l'animation ou l'éducation des enfants pendant leur hospitalisation, APACHE s'intéresse au mode de fonctionnement de l'hôpital lui-même et ce indépendamment du type de pathologie et de la gravité de l'état de l'enfant ; l'objectif est de sensibiliser les personnels hospitaliers afin que l'enfant puisse bénéficier des droits fondamentaux qui lui sont propres lors de son hospitalisation. ![]() |
L'action d'APACHE : sensibiliser, expliquer et convaincre
replacer l'enfant au cœur de la problématique des soins hospitaliers, ce qui, nécessite un changement d'état d'esprit général
relayer et amplifier les désirs de changement qui existent parmi beaucoup de professionnels de la santé au sein même des hôpitaux
valoriser et partager des expériences positives, en France comme à l'étranger, afin de créer une réelle dynamique de changement
les intérêts de l'enfant : replacer l'enfant systématiquement au centre de tout débat
l'indépendance : totale, tant vis-à-vis des hôpitaux que des pouvoirs publics
les faits : privilégier le partage d'expériences valorisantes et positives à la pression directe et forcée -voire à la dénonciation ; ne pas tomber dans le discours larmoyant ni instrumentaliser la souffrance de l'enfant mais s'appuyer plutôt sur des faits, sans forcer le trait pour sensibiliser et aboutir à une prise de conscience sincère.
Sensibililiser… la Charte des droits de l'enfant à hôpital
Informer…
Partager…
Former…
un embryon d'évolution législative : la circulaire de 1983 donne - sans les imposer - certaines recommandations ;
la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé précise le droit à l’information de l’enfant adaptée à son âge et à ses capacités de compréhension ;
des progrès sur le terrain : un début de prise en compte de la douleur de l'enfant ;
de même on commence à considérer les parents comme acteurs essentiels dans le processus de guérison de l'enfant ;
des échanges fructueux, des témoignages : de nombreux courriers et coups de fils échangés avec les parents et professionnels de la santé.
une hospitalisation des enfants qui se fait encore trop souvent en services d'adultes : selon une enquête réalisée en 1997, ce serait le cas dans plus de 30% des cas, illustrant le fait que traiter l'enfant dans un environnement hospitalier approprié n'est pas toujours considéré comme un point essentiel dans le processus de guérison ;
un manque d'information exprimé par des parents - même si les hôpitaux ont de leur côté le sentiment de répondre aux attentes ;
une ouverture encore restreinte du cadre hospitalier aux frères, sœurs et amis de l'enfant, des visites encore limitées par des horaires stricts même pour les parents ;
une préparation psychologique de l'enfant avant son hospitalisation, aujourd’hui trop souvent inexistante ;
l’absence d’école dans un service sur deux ;
l’insuffisance du nombre de psychologues ;
l’insuffisance trop fréquente d'éducateurs en milieu hospitalier ;
le trop petit nombre de services spécifiques pour les adolescents.